Repérer un pilote de drone ? Bientôt possible !

De nouveaux drones ont survolé Paris cette nuit, mais les autorités n’ont pas pu localiser et identifier les pilotes. Il est actuellement techniquement envisageable de repérer un pilote, mais les systèmes ne sont pas encore prêts, aux Etats-Unis comme en France.

Deux nuits consécutives, Paris a été survolée par plusieurs drones à plusieurs reprises et par plusieurs appareils. Les vols et les pilotes semblent bien coordonnés. Les modèles utilisés ont été repérés et photographiés par des passants ; les clichés seraient selon nos sources actuellement étudiés par les autorités pour définir le ou les appareils. Cette simple information devrait aussi permettre de déterminer le « profil » des pilotes : s’ils sont de simples plaisantins, ou des professionnels dotés d’appareils technologiquement plus évolués que les classiques drones civils de loisirs.

Simple provocation ou volonté de nuire, ces survols sont en tout cas dangereux. Un drone survolant la Maison Blanche aux Etats-Unis est par exemple devenu incontrôlable et s’est écrasé dans les jardins. Selon l’AFP, il « volait à très basse altitude et s'est écrasé du côté sud-est du complexe » de la Maison-Blanche. Le pilote était un employé « qui s’amusait » mais qui a perdu le contrôle de l’appareil.

« Un système de détection dans l’année »

Dans tous les cas en France, et même en remontant aux survols de drones au-dessus de centrales nucléaires ces derniers mois, les pilotes n’ont quant à eux pas été identifiés. Ce qui pose un vrai problème de sécurité. « Aujourd’hui, il est techniquement envisageable de repérer un pilote par l’émission radioélectrique, mais les forces de l’ordre ne sont pas encore équipées de ce genre de technologie », nous explique ce matin Arnaud Le Maout, fondateur de la société Airborne Concept.

Actuellement, les autorités françaises seraient en train de travailler sur la conception d’un tel système de repérage. « Avec du matériel de scanning de détection électromagnétique, on pourra repérer un pilote », précise-t-il. Il est effectivement possible de faire de la discrimination d’ondes et de cibler uniquement les fréquences « bien particulières » utilisées pour contrôler un tel appareil.

Si les ministères des Transports et de la Défense planchent sur le sujet, c’est la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) qui doit prendre les choses en main. Les autorités travaillent main dans la main avec les experts du secteur, associations et professionnels. Selon Arnaud Le Maout, « un système de détection pourrait voir le jour dans l’année », si des moyens suffisants sont mis en œuvre. Nul doute que si ce genre d’affaires se répète, cela devrait accélérer les choses.

Délégué de la Fédération Français du Drone Civile, Grégoire Thomas estime quant à lui que « les personnes qui survolent Paris ne sont pas des professionnels », puisque ces derniers sont bien conscients des risques. Sans oublier les sanctions : jusqu’à 1 an de prison et 75 000 euros d’amende.

Notons enfin que la DGAC a diffusé des règles d’usage pour un drone de loisir :

Règles d'usage d'un drone de loisirdgac-drone-regle-d-usage.pdf (224.29 Ko)

Source : L'informaticien le 25 février 2015 11:05

Bientôt possible Repérer un pilote de drone